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Origines

jeudi 21 octobre 2010

L’Armoricaine résulte des croisements réalisés au XIXè siècle entre la Bretonne Pie-rouge dite "de Carhaix" et la Froment du Léon avec la race anglaise Durham.

Cependant, son histoire est bien plus complexe ! Voici ce qu’en dit Laurent Avon, ancien technicien de l’Institut de l’élevage :

L’histoire de la race Armoricaine commence en 1840 avec l’achat, par la Société d’Agriculture de Brest, à la vacherie de l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort, du taureau "Metellus" de la race anglaise Durham (Shorthorn), introduite depuis peu en France. Très vite d’autres taureaux Durham achetés aux vacheries d’état par des notables, des Comices ou des Société d’Agriculture, le suivent, et sont placés pour la reproduction. Les Durham sont utilisés surtout, dans un premier temps, dans le nord Finistère sur un bétail de type ‘’Froment du Léon’’ mal défini à l’époque, puis s’étendent dans le centre Bretagne et dans les Côtes d’Armor en couvrant peu à peu la population dite "Bretonne pie-rouge" à la taille plus élevée que la déjà bien fixée Bretonne pie-noir du sud de la Bretagne. La population métisse "Durham-Bretonne" voit ainsi le jour, se fixe et s’impose sur une grande partie de la Bretagne car elle est plus précoce et facile à engraisser que le bétail traditionnel tout en ayant une production laitière honorable. Par ailleurs des troupeaux de race Durham pure se maintiendront dans la région de Brest jusque dans les années 1950.

Au tout début du 20ème siècle, la nouvelle race prend le nom de race "Armoricaine" et en 1919 une "Société des éleveurs de la race Armoricaine" crée un herd-book pour inscrire les meilleurs reproducteurs. En 1923 la race participe
pour la première fois au Concours Général Agricole de Paris sous son propre nom et sa propre section. La race comptait 360 00 têtes en 1934 dont 45 % dans le Finistère, 35 % dans les Côtes d’Armor et 20 % dans le Morbihan. En 1961 il y
avait 200 000 vaches laitières de race Armoricaine en Bretagne.
Dans les années cinquante une légère retrempe est réalisée avec des taureaux Dairy Shorthorn d’Angleterre.

En 1962, à une époque où l’agriculture bretonne est en pleine transformation et où la politique du Ministère de l’Agriculture visant à diminuer le nombre de races en France bât son plein, un projet de fusion entre la race Maine Anjou et la race Armoricaine, toutes deux imprégnées de sang Durham, est mis en avant par un sénateur de la Mayenne : Louis Fourmond. Ainsi, le 22 octobre 1962 la "Fédération Rouge de l’Ouest" est créée et regroupe les deux races amenées à avoir un herd-book commun dont le siège est fixé à Château-Gontier (53). Le protocole d’accord prévoit le mélange des deux "sangs", mais à la demande des éleveurs armoricains, la possibilité d’introduction d’un troisième sang, celui de la race pie rouge MRY (Meuse Rhin Yssel) des Pays-Bas pourrait être utilisée sur l’Armoricaine ou sur la Maine Anjou ou sur les produits de ces croisements avec l’arrière pensée de créer par la suite une grande race européenne la "Pie Rouge européenne des plaines" par agrégation de la MRY et de la Rotbunt allemande.

En 1963, 14 génisses amouillantes MRY sont importées des Pays-Bas en Bretagne en même temps que des semences de taureaux MRY qui seront utilisés sur trois campagnes. D’autres femelles et d’autres semences seront importés peu après. En 1965 deux taureaux MRY sont importés par le centre d’IA de Locminé (56) pour être utilisés directement en France sur la race Armoricaine. Les essais semblent concluants et les croisements se poursuivent.

Un premier concours spécial de la race "Rouge de l’Ouest" réunissant 120 animaux de la zone bretonne et 120 animaux de la zone Maine Anjou a lieu à Pontivy en 1969, mais les divergences sont telles que les dirigeants doivent organiser deux concours parallèles. D’un côté il y avait des Maine Anjou de race pure, de l’autre presque tous les animaux étaient de race MRY. Le 27 octobre 1969, à Rennes, la scission entre les membres de la Fédération est consommée. Le résultat de cette scission fut la décision prise, le 25 janvier 1970 à Carhaix par les Conseils d’Administration des Syndicats des Eleveurs de la race Pie Rouge de l’Ouest (22, 29, 56) de constituer un livre généalogique qui se dénommerait : "Société des Eleveurs de la race Pie-Rouge des Plaines". Le Herd-book de la "Pie Rouge des Plaines" s’installe définitivement à Quimper le 1er septembre 1970. Cette nouvelle entité regroupe l’Armoricaine, la MRY et la Rotbunt et les produits de leurs croisements.

Très vite cependant l’Armoricaine qui incarnait le passé (alors qu’à une certaine époque au contraire elle a incarné la modernité) est éliminée et évincée à tel point que les éleveurs qui continuent à l’apprécier s’entendent dire que l’insémination de vaches Armoricains avec des taureaux Armoricains n’est plus possible parce qu’il n’y a plus ni taureaux ni semences.

La Pie Rouge des Plaines de type mixte devient une race où seul le sang RMY et Rotbunt est présent. Elle a sa place en Bretagne sans cependant pouvoir endiguer l’avancée inexorable de la Frisonne puis de la Holstein. A son tour elle cède et, en 1982, les premières introductions de sang Holstein Rouge sont réalisées suivant ainsi la tendance initiée par les Pays-Bas et l’Allemagne d’où sont importées une partie des semences. Aujourd’hui si le nom de Pie Rouge des Plaines est resté, il ne s’agit plus de la même race : elle possède 95 % de sang Holstein rouge.

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